Démarche

Né à Sainte-Martine (Québec) en 1956 · Habite à Montréal

Biographie

Daniel-Jean Primeau est d’abord artiste sculpteur. Il cumule près d’un demi-siècle de métier. Il est l’auteur d’un portfolio abondant, éclectique, marginal, d’un art généreux, détaillé, hors courant, avec un corpus d’œuvres qui va de la miniature aux commandes publiques très larges et des dizaines d’expositions au Québec, au Canada, aux États-Unis et en France. Au programme d’intégration des arts à l’architecture du gouvernement du Québec (le « 1 % »), neuf œuvres remarquées dans le réseau des édifices publics. Il y eut aussi de nombreuses commandes privées, en collaboration avec des designers et des architectes.

Ce sont aussi des interventions scolaires : orchestrer des élèves à des créations démesurées ou inattendues, parce que l’art est bénéfique à notre jeunesse en quête de buts, d’occupations et d’identité. Mentionnons la présentation de conférences, l’animation d’événements culturels, la transmission par l’enseignement, l’implication au sein de divers organismes culturels, politiques et activistes.

Il s’est taillé depuis une vingtaine d’années une réputation de sculpteur Recycl’Art par son dynamisme en ce mouvement et par ses créations complexes et engagées, qui sont principalement des fontaines. Il fut artiste en résidence aux 19es Conviviales de Nannay (Nièvre, France), un festival d’art et cinéma où il créa une vis d’Archimède composée, comme il est de sa doctrine, de plus de 80 % de matériaux récupérés, recyclés. Cinéaste sans prétention, il a réalisé un court film, « Danser pour la pluie », qui rend compte de cette réalisation.

Il s’est investi depuis maintenant 20 ans en plâtrerie décorative. Ce métier d’art lui doit la modernisation des techniques traditionnelles et des outillages pour les adapter aux conditions nouvelles de la conservation patrimoniale. Son travail d’artisan en restauration lui a valu une reconnaissance d’excellence par l’Opération patrimoine de la Ville de Montréal avec l’attribution de ce Grand Prix, catégorie Savoir-faire, en 2017.

En 2026, c’est au Conseil des métiers d’art du Québec de lui attribuer le Prix Maestria-Alain-Lachance, qui récompense l’excellence et la qualité de réalisation d’un projet en architecture contemporaine ou en patrimoine, mettant en valeur les savoir-faire et les techniques spécialisés des artisan·es professionnel·les du Québec. Les deux distinctions ont souligné son effort constant de transmission à la relève, à un moment où le bâti patrimonial connaît un regain d’intérêt essentiel. Il compte par ailleurs à son actif de nombreuses réalisations dans des résidences de toutes catégories ainsi que des interventions importantes dans diverses institutions.

Passionné d’histoire de l’architecture, il accompagne ses interventions d’une recherche approfondie des techniques par rétro-ingénierie afin de reconstituer l’histoire des méthodes spécifiques à ce métier au Québec. Il documente aussi par le film court ses interventions les plus significatives. Il a de plus été mandaté par le CMAQ pour développer une formation et un manuel pour l’obtention d’une AEC prévue pour 2025, mais annulée pour cause de coupures de budget gouvernemental.

Concluons en soulignant certaines autres distinctions au fil de sa carrière, incluant divers prix de jurys, un Prix des Pairs du Conseil de la sculpture du Québec (CSQ), un Prix Confrontation ’84, ainsi que des bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la Fondation de l’Association professionnelle des galeries d’art du Canada. Principalement artiste autodidacte, il a fondé son tracé sur des études collégiales en sciences, une formation universitaire en ethnologie et linguistique. Dans un autre ordre du temps et de vie, de 1982 à 1985, une expérience inédite de chef d’expéditions en Égypte, au Yémen, en Islande et en Norvège, avec aventures à la clé, a défini une personnalité courageuse, rigoureuse, exubérante, attachante.


Pour aller plus loin : les textes sur la démarche, les séries d’œuvres et les vidéos.